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Resist@nz

jeudi 15 juin 2006, par comradE Ogilvy

SPIP, ça n’est pas que "Du logiciel libre et de la tendresse". C’est aussi une possibilité de s’exprimer sur Internet pour ceux qui ne le peuvent pas toujours simplement. Puisque l’actualité nous donne malheureusement l’occasion d’évoquer cet aspect des choses, profitons-en pour une petite remise au poing.

Dans un article intitulé La guérilla des hiéroblogs, Libération relate l’arrestation le 7 mai dernier de Alaa Abdel Fatah. Ce blogueur égyptien de 24 ans, qualifié de roi de l’agit-prop cybernétique [1] milite activement pour le développement du web dans son pays, afin de le mettre au service de la liberté d’expression. Cette fois, son gouvernement semble considérer qu’il a dépassé les bornes de celle-ci, puisque ses billets nous parviennent désormais de prison.

Un passage m’a particulièrement interpellé dans cet article, et engagé à rédiger cet édito ici-même. Il s’agit de quelques paroles d’un autre blogueur égyptien, Sandmonkey, qui déclare : « Nous ne sommes pas très nombreux à bloguer pour le moment, mais ça augmente sans arrêt. En Iran, le jour où un développeur a conçu un logiciel de blogs en farsi, leur nombre a été multiplié par dix mille en un an. Ici, ça va être pareil dès qu’on aura un logiciel en arabe. ».

Nous le savons, non seulement ce logiciel existe, et pas seulement en farsi et en arabe, mais il a dès son origine été conçu dans cet état d’esprit, pour ouvrir les moyens d’expression d’un Internet alors émergent à ceux qui ne disposent pas des connaissances techniques pour y publier. Si, depuis, le succès de SPIP a un peu mis au second plan ces objectifs, la triste nouvelle que j’évoque nous rappelle que cette préoccupation est encore à l’ordre du jour, et risque de l’être encore un moment. Atteintes aux droits de l’Homme, réduction de la fracture numérique, notre cms est plus prêt que jamais à jouer son rôle d’outil au service de causes généreuses, et à apporter sa petite pierre à ceux qui tentent tous les jours de frayer le chemin d’un monde meilleur au travers de la jungle de la bêtise, de la violence, et de toutes les oppressions.

Je tenais à ce que spipzine, en plus d’apporter son soutien, fût-il symbolique et minuscule, à Alaa Abdel Fata et à tous ceux qui, comme lui, payent cher leurs idées progressistes, laisse également la place à cet aspect des choses. Si, comme je l’espère, ceux qui l’ont vécue veulent bien s’en servir pour nous faire partager l’histoire du développement de SPIP, la place est également ouverte au présent. J’invite donc également ceux qui souhaiteraient mener une revue de presse, transmettre des expériences entreprises dans cette voie, à nous rejoindre et à nous aider à ne pas oublier que SPIP, c’est aussi ça, l’espoir actif au quotidien d’un monde meilleur, ou plus modestement, juste un peu moins mauvais.


- Site de soutien à Alaa Abdel Fatah [en].
- Le blog de Sandmonkey [en].
- Le Guide pratique du blogger et du cyberdissident de Reporters Sans Frontières, oublie de parler de SPIP.


[1Par l’auteur de l’article, Claude Guibal, correspondante de Libé au Caire.